|
|
>
L'église de Menat
|
Une église
contemporaine des premiers temps du monastère a existé
à la fin du 4ème siècle et a dû
souffrir les mêmes destructions que celui-ci.
L'église actuelle, construite sur un terrain instable,
a subi de nombreuses vicissitudes et transformations au cours
des siècles.
La partie la plus ancienne est la nef romane du 12ème
siècle, ainsi que la voûte ovoïde qui surmonte
le carré du transept. De cette époque datent
également certains chapiteaux...
Le portail
polylobé
Il date
du l3ème siècle et appartient à la grande
famille des portails polylobés que l'on retrouve en
Bourbonnais (Montluçon, Cosne-d'Allier, Malicome...)
ou en Auvergne (Saint-Hilaire-laCroix, Saint-Myon, Aigueperse).
Décoré de rosaces, il comporte 5 lobes et 4
redents: sur l'un d'entre eux, on peut voir un dragon à
la large gueule dévorant ce qui semble être un
personnage vivant. L'arc de plein cintre repose sur des consoles
à figures, l'une d'entre elles est particulièrement
bien conservée (image ci-contre). Selon l'historien
local, l'église avait alors la forme d'une croix latine,
le croisillon de tête était terminé par
trois chapelles rayonnantes ayant des axes convergeant au
milieu du sanctuaire.
Une partie
du bâtiment s'est écroulée au 14ème
siècle. Les
voûtes de la nef, très élevées,
ont ainsi été détruites et remplacées
par une charpente habillée de lambris,
probablement à l'initiative de l'abbé de Montmorin.
Il faut imaginer aussi une église fortifiée,
beaucoup plus élevée que le bâtiment actuel
et flanquée de hautes tours servant à la défense
de l'abbaye.
|
|
Deux siècles
plus tard, on constate de nouvelles détériorations.
En 1686, les lambris de la nef étaient vermoulus et complétement
ruinés à deux endroits, les voûtes du choeur
se couvraient de mousse.
|

|
En 1733,
les contreforts extérieurs s'écroulaient de
tous côtés, le carrelage des nefs avait disparu.
Et pour ajouter au délabrement, en 1759, la foudre
tomba sur le clocher et y mit le feu.
Quelques réparations urgentes furent effectuées,
mais l'édifice se détériorait inexorablement.
En 1817, la voûte du choeur se désagrégeait
et une personne fut tuée pendant la messe par une
chute de pierre. Vers 1825, le choeur
et les chapelles rayonnantes n'existaient plus.
C'est de 1847 à 1849 qu'eurent lieu d'importants
travaux de restauration de l'église sous la direction
de l'architecte Imbert.
La partie est du transept, la tour fortifiée et ce
qui restait du chevet furent démolis et remplacés
par une abside restreinte. Le but recherché était
d'agrandir la place et de dégager les immeubles voisins,
mais la conséquence fut aussi la destruction des
différentes tours et clochers qui embellissaient
l'édifice.
Ne subsiste plus aujourd'hui que le clocher restauré
en 1840 dans le style roman classique; original par sa forme,
il présente un premier étage très orné
avec des arcs en plein cintre et en mitre.
|
|
L'ornement
intérieur fut transformé également à
cette époque: une grande chaire en bois de noyer, ornée
de sculptures a remplacé l'ancienne formée de
divers débris de vieilles boiseries
qui avaient naguère échappé à
la destruction de 1793. De grandes et très remarquables
statues, sorties des ateliers des fabricants les plus distingués
de Paris, occupent les chapelles dont le dénuement
jusqu'ici avait fait peine à voir. » (abbé
Rougeyron, auteur des légendes de l'abbaye). Ces statues,
aux visages uniformes, si elles ne sont pas d'une très
grande valeur artistique, ont le mérite de représenter
les premiers habitants et fondateurs du monastère.
Les six
personnages placés au dessus du choeur représentent
Saint Avit, Saint Calais, Saint Brachion, Saint Bravy, Saint
Savinien et Saint Ménélée. Deux
petites urnes, placées à leur pied renferment
l'une des reliques de Saint Calais, l'autre de Saint Ménélée,
et ont été cédées à la
paroisse de Menat par l'évêque du Mans en 1847
et 1853. Les
chapiteaux
L'un d'entre eux, utilisé comme fonts baptismaux, représente
Saint Ménélée.
|
 |

|
|